L’Etat peut-il être juste ?
Qu’est-ce que l’état ?
« État » vient du latin status, dérivé du verbe stare qui signifie au sens premier « se tenir debout », et au sens figuré « la position ». Le mot « État » apparaît dans les langues européennes dans son acception moderne au tournant des XVe et XVIe siècles. Au XVIIIe siècle, l’État désigne également la condition d’une personne, son « état civil ».
Au fil du temps, diverses formes d’États se sont développées, justifiant leur existence de différentes manières (droit divin, théorie du contrat social, etc.) et fonctionnant de manières très diverses. Aujourd’hui, l’État-nation moderne est la forme prédominante d’État, mais la nation ne se confond pas avec l’État. Le droit international définit un État souverain comme une unité territoriale établie, à l’intérieur de laquelle ses lois s’appliquent à une population permanente, et comme constitué d’institutions par lesquelles il exerce une autorité et un pouvoir effectif.
Un État peut être distingué d’un gouvernement. L’État est l’organisation tandis que le gouvernement est le groupe particulier de personnes ou la bureaucratie administrative qui contrôle l’appareil d’État à un moment donné. Autrement dit, les gouvernements sont les moyens par lesquels le pouvoir de l’État est utilisé.
L’état, c’est l’ensemble des institutions qui organise une société sur un territoire donné.

L’État :
- Édicte les règles de droit (lois, décrets, etc.) qui s’imposent au corps social et à lui-même.
- Garantit la sécurité et l’ordre publics.
- Rend la justice.
- Définit la politique de défense, prépare et conduit les opérations militaires.
Les spécialistes s’accordent généralement à dire que le système étatique moderne est né avec la signature des traités de Westphalie en 1648, qui a établi le concept de souveraineté de l’État. Cet événement a notamment marqué le passage de la pratique médiévale du féodalisme à l’émergence de systèmes étatiques de plus en plus centralisés qui détenaient le monopole de la violence et extrayaient effectivement des revenus de leurs populations civiles
Un des procédés principaux par lequel les États se sont constitués est celui de la création d’une classe de fonctionnaires, et particulièrement l’institution de services de renseignement. La bureaucratie permet en effet une diffusion dans la société des principes étatiques, par exemple la hiérarchie et le dévouement à l’État. L’organisation de la police a aussi été un facteur coercitif d’installation des formes étatiques dans les populations européennes et dans celles des colonies exploitées par les empires coloniaux européens.
Les pays victimes du colonialisme européen n’ont généralement reçu que de façon indirecte les élaborations européennes d’États orientées vers l’idéal de l’État de droit, car les gouvernements colonisateurs agissaient sur un mode plus militaire que juridique.
En Europe et aux États-Unis, vers la fin du XIXe siècle, les États ont connu une évolution vers l’État-providence en gérant de manière plus fine la vie quotidienne des personnes dans ce qui est dès lors considéré comme des territoires nationaux, et en tentant de monopoliser toutes les relations de solidarité. Cela passe notamment par l’instauration du système des hôpitaux publics, au moyen desquels la santé deviendrait « un instrument de discipline ».
Depuis la fin des années 1980, la place de l’État change radicalement, sous l’effet conjugué de la mondialisation et de la construction européenne. Avec l’échec des stratégies d’industrialisation et des politiques de relance budgétaire, son rôle comme acteur économique principal devient mineur. De même, il a enregistré beaucoup de faiblesses dans la protection du citoyen contre les grands risques sociaux (éducation, maladie, chômage et vieillesse). Les États perdent une partie de leur pouvoir notamment en raison de la mondialisation, surtout dans ses aspects économiques, qui augmente les contraintes extérieures et diminue le pouvoir d’intervention des États face aux marchés financiers. En Europe, les États se désengagent de l’économie en privatisant les entreprises publiques.
Depuis la fin des années 1990, de nombreux économistes keynésiens contemporains (Joseph Stiglitz, Paul Romer, Gregory Mankiw…) considèrent que les pouvoirs publics ont plusieurs rôles positifs à jouer afin de résoudre les défaillances du marché.
La crise bancaire (2008) a montré que les États restent la puissance de dernier recours, et que les entreprises privées y ont recours spontanément, même dans les pays considérés comme libéraux.
Séparation des pouvoirs et contre-pouvoirs :
Les principes fondamentaux d’un État moderne, tels qu’ils ont été énoncés par les grands philosophes politiques, incluent la séparation des pouvoirs. John Locke, dans les deux traités du gouvernement civil (1690), distingue le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Montesquieu, dans « De l’esprit des lois », adjoindra ultérieurement un troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire. La constitution américaine de 1787 s’inspire de ces deux philosophes.
En France, à la fin du XVIIIe siècle, l’idée de contre-force chère à Montesquieu et aux libéraux anglais du XVIIIe siècle était fortement combattue par François Quesnay et les physiocrates, c’est-à-dire si l’on suit Tocqueville par un des courants qui a eu le plus d’influence en France. Quesnay, dans les Maximes générales du gouvernement économique d’un royaume agricole, écrit : « Le système des contre-forces dans un gouvernement est une opinion funeste qui ne laisse apercevoir que la discorde entre les grands et l’accablement des petits ». Cette même opposition se trouve dans un courant britannique important au XIXe siècle qui a été influencé par les physiocrates avant d’influencer à son tour des républicains français : l’utilitarisme.
Les différentes formes d’état :
L’ONU reconnaît 193 États membres, auxquels s’ajoutent deux États observateurs, le Saint-Siège (Vatican) et la Palestine, portant le total à 195.
Certains manuels mentionnent 197 pays car ils incluent deux autres territoires largement reconnus comme indépendants : Taïwan, qui fonctionne comme un État indépendant malgré l’absence de reconnaissance officielle de l’ONU en raison des pressions politiques de la Chine, et le Sahara Occidental, reconnu par certains pays et membre de l’Union africaine, mais dont le statut est contesté par le Maroc.
L’Égypte ancienne est souvent citée comme le premier pays reconnu. Des textes antiques, tels que les annales des pharaons, et des études archéologiques indiquent une structure gouvernementale formelle et un territoire défini datant d’environ 3100 avant J.-C.
Sur le plan juridique, il existe deux formes d’Etats : sont distingués l’Etat simple comme la France, et l’Etat composé, qui suppose une union ou un groupement d’Etats, ou Etat fédéral, comme les Etats-Unis, l’Allemagne et la Suisse.
Le concept de nation a revêtu plusieurs sens : deux définitions se sont développées, l’une d’inspiration allemande, l’autre de conception française, et ces conceptions furent d’une certaine façon à l’origine des guerres des XIXème et XXème siècles.
La conception allemande est objective : la nation est le résultat d’éléments objectifs et subit l’influence du déterminisme. En font partie la géographie, d’où l’idée de frontières naturelles, la langue qui veut que tous les germanophones soient englobés dans cette nation, y compris s’ils vivent dans les Sudètes, en Belgique ou en Alsace, la religion, l’idéologie et même la race. Cette conception a connu son apogée sous le IIIème Reich, à partir de 1933. La nation s’identifie alors à la race et conduit ainsi à l’élimination – par l’exode ou par la mort – de tous les non-nationaux, c’est-à-dire de ceux qui n’appartiennent pas à la même race.Les génocides anciens ou modernes relèvent aussi de cette vision.
Le conflit yougoslave survenu en 1991, né de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, a été une illustration plus récente du « concept » de purification ethnique.
La conception française, inspirée par les travaux des historiens comme Fustel de Coulanges et Renan, fait rentrer, à côté de ces éléments objectifs, la volonté de vivre ensemble, ou selon Renan un » vouloir-vivre collectif « , ce qui correspond à des éléments subjectifs. La nation se forge alors par différents facteurs, faits notamment de souvenirs communs, bons ou mauvais, comme les guerres, ou les victoires sportives (cf. la fête nationale, l’hymne national)! En font partie aussi la communauté d’intérêts économiques, le sentiment de la parenté spirituelle comme se sentir français ou suisse ou américain : le salut au drapeau tous les matins est une façon d’inculquer ce « sentiment national ». La nation dépasse aussi les individus vivants, et elle unit les générations passées et celles à venir. La nation se rapproche alors de la patrie.
En Europe, les nations ont souvent précédé l’Etat qui a pu servir à concrétiser politiquement et juridiquement la nation : l’Etat italien, l’Etat allemand ont suivi l’émergence de la nation italienne ou allemande. Mais en France, il est fréquent de dire que l’Etat a précédé la nation. C’est lui qui a progressivement forgé la nation, autour des Rois de France puis de la République. Il en est peut-être de même dans les Etats africains nés de la décolonisation et qui ont dû parfois créer une « nationalité », à partir de frontières imposées par le colonisateur.
Si la nation a souvent précédé l’Etat, la nation ne correspond pas toujours à l’Etat. La nation peut être écartelée entre plusieurs Etats, et être découpée par des frontières étatiques mais non nationales. Ce fut le cas de l’Allemagne écartelée de 1945 jusqu’en 1990 entre deux Etats, la République démocratique allemande et la République fédérale allemande. C’est encore le cas des deux Corée ou de la nation kurde éclatée entre la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie. Il existe aussi beaucoup d’exemples en Europe centrale, avec les minorités hongroises dans d’autres pays comme la Roumanie et la Slovaquie. La « nation » basque est également partagée entre l’Espagne et la France.
En sens inverse, des Etats peuvent aussi regrouper plusieurs nations et l’on parle alors d’Etats bi ou multinationaux. Ce fut le cas de l’Empire austro-hongrois jusqu’en 1918, de la Tchécoslovaquie jusqu’en 1991 et de l’URSS jusqu’en 1991. De façon moins radicale, le Canada et la Belgique contemporaine se trouvent dans cette situation.
La « nationalité » unit d’ailleurs l’Etat aux personnes, avec en général comme conséquence, la citoyenneté, c’est-à-dire le droit de participer à la vie politique de l’Etat. L’article 88-3 de la Constitution inséré dans la Constitution française en 1992 dissocie cependant la nationalité et la citoyenneté pour les élections locales – municipales, en instituant le concept de citoyenneté de l’Union européenne. Cet article se présente comme une dérogation à l’article 3 qui affirme bien le lien entre la nationalité et la citoyenneté.
Les différentes formes de gouvernement :
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_formes_de_gouvernements
Du point de vue de la forme de l’État et de l’autonomie régionale :
- Confédération
- Staatenverbund ( Néologisme utilisé en allemand pour décrire le mode d’organisation de l’Union Européenne principalement. Staatenverbund désigne une gouvernance multi-niveaux dans lequel les États collaborent plus étroitement que dans une confédération, mais qui, au contraire d’un État fédéral, conservent leur propre souveraineté).
- Etat unitaire ( Chine, France, Egypte…)
- Fédération (Australie, Canada, Allemagne, Inde, Russie, Etats-Unis)
Aux Etats-Unis, le nouveau président prête serment sur la bible.
Du point de vue du chef d’État :
- Monarchie
- République : La majorité des pays du monde sont des républiques.
- Présidence tournante
- Régime dictatorial
Du point de vue de la source de pouvoir :
- Acratie/Anarchie : ( Autogestion, Communalisme, Communauté libertaire, Démocratie directe, Société sans État )
- Démocratie : ( Démocratie participative ou Démocratie semi-directe, Démocratie représentative)
- Oligarchie : L’oligarchie, qui signifie « règle du petit nombre », est une forme de structure de pouvoir dans laquelle le pouvoir appartient à un petit nombre de personnes. Ces personnes peuvent se distinguer par la noblesse, la richesse, les liens familiaux, l’éducation ou le contrôle des entreprises, de la religion ou de l’armée.
- Autocratie : L’autocratie est un système de gouvernement dans lequel le pouvoir suprême (social et politique) est concentré entre les mains d’une seule personne ou d’une seule entité politique, dont les décisions ne sont soumises ni à des contraintes juridiques externes ni à des mécanismes réguliers de contrôle populaire (à l’exception peut-être de la menace implicite d’un coup d’État ou d’une insurrection de masse).
- La ploutocratie : Gouvernement par les riches ; un système dans lequel la gouvernance est redevable aux riches, dépend de leurs désirs ou est fortement influencée par eux. L’influence ploutocratique peut altérer toute forme de gouvernement. Par exemple, dans une république, si un nombre important de postes de représentants élus dépendent du soutien financier de sources riches, il s’agit d’une république ploutocratique.
Le Bouthan :
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhoutan
Situé dans l’Est de la chaîne de l’Himalaya, enclavé entre l’Inde au sud, à l’est et à l’ouest-sud-ouest, avec laquelle il partage 605 km de frontières terrestres, et la Chine (région autonome du Tibet) au nord et à l’ouest-nord-ouest, avec 470 km de frontières.
L’une des particularités du Bhoutan est sa recherche du bonheur à travers l’amélioration de ce qu’il appelle le « bonheur national brut » ou BNB. Là où la majorité des gouvernements se basent sur la valeur du produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan a substitué le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice, instauré par le roi Jigme Singye Wangchuck en 1972, se base sur quatre principes fondamentaux, piliers du développement durable, à savoir :
- La croissance et le développement économiques responsables ;
- La conservation et la promotion de la culture bhoutanaise ;
- La sauvegarde de l’environnement et la promotion du développement durable ;
- La bonne gouvernance responsable
Deux films à voir :
L’École du bout du monde (2019) est sélectionné aux Oscars du cinéma 2022 dans la catégorie meilleur film international, devenant ainsi le premier film bhoutanais à être sélectionné aux Oscars
Le moine et le fusil (2023)
Le dessin :

Libertarianisme :
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Libertarianisme
Le libertarianisme est une idéologie et philosophie politique développée aux États-Unis autour d’un « groupe de théories qui donnent une priorité stricte à la liberté et au droit naturel, mettant l’accent sur la liberté de choix, l’individualisme et l’association volontaire sur d’autres valeurs telles que l’autorité, la tradition et l’égalité »
Les libertariens ont en commun de penser que l’État est une institution coercitive, illégitime, voire — selon certains — inutile; et de valoriser la liberté individuelle et d’association volontaire. Ils veulent s’appuyer sur un libéralisme économique, s’exerçant dans le cadre d’un capitalisme dérégulé, et un État minimal (minarchisme) ou une absence d’État (anarcho-capitalisme et ses variantes de gauche tel que l’agorisme et l’anarchisme de marché). Selon les libertariens, le libre marché s’autorégulerait et suffirait pour efficacement allouer les ressources et assurer la croissance économique. Le but étant de parvenir à une société qui respecterait au maximum, selon eux, la liberté individuelle et plus particulièrement la propriété privée.
En 2023, Javier Milei, élu président de l’Argentine, se présente comme le « premier président libertarien de l’histoire »
Les philosophes et l’état :
Nicolas Machiavel (1469 – 1527) :
Théoricien de la politique, de l’histoire et de la guerre, mais aussi poète et dramaturge, il a été pendant quatorze ans fonctionnaire de la république de Florence pour laquelle il a effectué plusieurs missions diplomatiques, notamment auprès de la papauté et de la cour de France. Durant toutes ces années, il observe de près la mécanique du pouvoir et le jeu des ambitions concurrentes. Machiavel est à ce titre, avec Thucydide, l’un des fondateurs du courant réaliste en politique internationale. Deux livres majeurs ont surtout assuré sa célébrité : Le Prince et Discours sur la première décade de Tite-Live.
Thomas Hobbes : (1588 – 1679) :
Son œuvre majeure, Léviathan, a une influence considérable sur la philosophie politique moderne, par sa conceptualisation de l’état de nature et du contrat social, conceptualisation qui fonde les bases de la souveraineté. Quoique souvent accusé de conservatisme excessif, par Arendt et Foucault notamment, le Léviathan a aussi une influence considérable sur l’émergence du libéralisme et de la pensée économique libérale du XXe siècle, ainsi que sur l’étude des relations internationales et de son courant rationaliste dominant : le réalisme.
John Locke : (1632- 1704) :
Philosophe anglais. Il vit à une époque charnière qui voit la fin des guerres de religion, les débuts du rationalisme et une forte opposition à l’absolutisme en Angleterre. Proche de Anthony Ashley-Cooper (1er comte de Shaftesbury), Locke est partie prenante à ces débats et aux théories alors naissantes du contrat social, de la loi et du droit naturel, ainsi que de l’état de nature. Il s’intéresse aussi au droit de propriété et aux prémisses de ce qui sera appelé à compter du XIXe siècle le libéralisme.
Ses écrits sur la tolérance ne peuvent être disjoints d’une période où s’opère un profond réajustement des champs politiques et religieux. Dans l’optique qui s’ouvre en partie grâce à lui, le politique s’occupe du monde présent et la religion s’occupe du monde de l’au-delà, les deux ne devant pas interférer. Sa théorie politique s’oppose à l’absolutisme qui se met alors en place en France et qui échoue à s’imposer en Angleterre, en partie à cause de lui.
Son Essai sur l’entendement humain est un ouvrage majeur dans lequel il construit une théorie des idées et une philosophie de l’esprit. Tout en s’opposant au matérialisme de Hobbes, il considère que l’expérience est à l’origine de la connaissance et rejette la notion d’idées innées soutenue par Descartes.
Voltaire :
De son vrai nom François-Marie Arouet (1694 – 1778), est un écrivain et philosophe français, jouissant de son vivant d’une célébrité internationale et considéré aujourd’hui comme figure emblématique et centrale des Lumières.
Partisan d’une monarchie modérée et libérale éclairée par les « philosophes », il a pour modèle le système britannique de gouvernement issu de la révolution de 1688, qu’il a pu observer lui-même lors de son séjour anglais de 1726 à 1728. Il croit un moment trouver dans les « despotes éclairés» (Frédéric de Prusse et Catherine de Russie) des princes modèles. Il est en revanche méfiant à l’égard du régime républicain, à la différence de Rousseau, citoyen de la république de Genève.
Tout au long de sa vie, Voltaire fréquente les grands de ce monde et les monarques, mais se retrouve souvent aux prises avec les autorités politiques, ce qui le conduit à la Bastille à deux reprises dans sa jeunesse, et par la suite à une série d’exils : d’abord l’Angleterre, ensuite Cirey auprès d’Émilie du Châtelet, puis la cour de Prusse où il se brouille avec Frédéric II.
Les révolutionnaires de 1789, partisans de la monarchie constitutionnelle, voient en lui un précurseur, plus qu’en Rousseau, de sorte qu’il est panthéonisé en 1791, le deuxième après Mirabeau.
Il est célébré par la IIIe République : dès 1870, à Paris, un boulevard, une impasse et une place portent son nom. Sa personne et ses combats ont alimenté, au XIXe siècle, les passions antagonistes des adversaires et des défenseurs de la laïcité de l’État et de l’école publique, et, au-delà, de l’esprit des Lumières.
Montesquieu (1689- 1755) :
Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, est un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières.
Dans cette œuvre capitale « De l’esprit des lois », qui rencontra un énorme succès, Montesquieu tente de dégager les principes fondamentaux et la logique des différentes institutions politiques par l’étude des lois considérées comme simples rapports entre les réalités sociales. Cependant après sa mort, ses idées furent souvent radicalisées et les principes de son gouvernement monarchique furent interprétés de façon détournée. Ce n’est qu’au moment de la Révolution française que les révolutionnaires monarchiens tenteront vainement de les faire adopter par l’Assemblée constituante pour contrer l’abbé Sieyès, partisan de la rupture avec tout héritage et tout modèle.
Son œuvre, qui inspira les auteurs de la constitution de 1791, mais également des constitutions suivantes, est à l’origine du principe de distinction des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, base de toute république.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) :
La philosophie politique de Rousseau est bâtie autour de l’idée que l’Homme est naturellement bon et que la société le corrompt.
Rousseau est critique par rapport à la pensée politique et philosophique développée par Hobbes et Locke. Pour lui, les systèmes politiques fondés sur l’interdépendance économique et sur l’intérêt conduisent à l’inégalité, à l’égoïsme et finalement à la société bourgeoise (un terme qu’il est un des premiers à employer).
La philosophie politique de Rousseau exerce une influence considérable lors de la période révolutionnaire durant laquelle son livre « le Contrat social » est « redécouvert ». À plus long terme, Rousseau marque le mouvement républicain français ainsi que la philosophie allemande. Par exemple, l’impératif catégorique de Kant est imprégné par l’idée rousseauiste de volonté générale.
Selon Claude Lévi-Strauss, Rousseau est le premier véritable fondateur de l’anthropologie, notamment car ce dernier aurait par son universalisme posé « en termes presque modernes » le problème du passage de la nature à la culture.
Alexis de Tocqueville ( 1805 – 1859 ) :
Tocqueville publie « De la Démocratie en Amérique », qui paraît en deux volumes en 1835 et 1840. Cette oeuvre fondée sur ses voyages aux États-Unis (1831-1832), sous le président Jackson, est une base pour les fondements de la démocratie américaine au cours du XIXe siècle et les caractéristiques de la démocratie moderne.
Se fondant sur l’observation des interactions sociales et l’analyse de leurs déterminants et de leurs effets, Tocqueville défend la liberté individuelle et l’égalité en politique, les deux concepts étant à son sens indissociables, sauf à provoquer des effets très négatifs.
Il défend la démocratie tout en identifiant les risques de dérive qui lui sont inhérents. Tocqueville souligne notamment l’évolution possible de la démocratie vers une dictature de la majorité au nom de l’égalité. Il insiste aussi sur le rôle essentiel des corps intermédiaires et la décentralisation des pouvoirs et se positionne en opposition au jacobinisme centralisateur. Il identifie enfin le fait que la démocratie peut favoriser, par perte du lien social, les comportements individualistes contraires aux intérêts de la société dans son ensemble. Tocqueville est l’une des plus grandes références de la philosophie politique libérale.
Pierre- Joseph Proudhon (1809-1865)
Polémiste, journaliste, économiste, philosophe, homme politique et sociologue français. Précurseur de l’anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire du XIXe siècle, avec Benoît Malon, à être issu du milieu ouvrier.
Au cours des voyages qu’il fait à Paris, Proudhon rencontre Mikhaïl Bakounine, et Karl Marx qui admirait en lui le seul socialiste français dégagé du mysticisme chrétien. En 1845, dans, La Sainte Famille, Marx écrit : « Proudhon n’écrit pas seulement dans l’intérêt des prolétaires ; il est lui-même prolétaire, ouvrier. Son ouvrage est un manifeste scientifique du prolétariat français »
En 1857, il publie un Manuel du Spéculateur à la Bourse, véritable critique au vitriol de la Bourse qui prend son essor à cette époque.
Karl Marx (1818- 1883)
S’inspirant du matérialisme antique (sa thèse d’admission au doctorat portait sur l’atomisme de Démocrite et Épicure et sa théorie du clinamen, qui lui permettait de préserver la liberté de la volonté humaine au sein d’une théorie physique déterministe) et se voulant une critique de l’économie politique, la pensée de Karl Marx est résolument matérialiste : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes », écrit-il ainsi dans le Manifeste communiste, rédigé peu avant les Révolutions de 1848. Comme Marx le remarque dans les Thèses sur Feuerbach, « les philosophes n’ont fait jusqu’ici qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant de le transformer ». C’est en cela que le marxisme peut être vu comme un dépassement de la philosophie.
Max Weber (1864 – 1920)
Considéré comme l’un des principaux fondateurs de la sociologie, et fondateur de la sociologie compréhensive, il s’intéresse au sens que les individus donnent à leur action. Ainsi, dans cette perspective, il faut comprendre l’action sociale du point de vue du sens et des valeurs et pas uniquement à partir des contraintes sociales extérieures (c’est-à-dire des structures sociales et matérielles).
En marge de son travail de recherche, Weber s’est engagé dans l’action politique, contribuant notamment à la rédaction de la Constitution de Weimar pour la république de même nom en 1919.
Pierre Bourdieu (1930 – 2002 )
À partir du début des années 1980, Bourdieu s’implique davantage dans la vie publique. Il participe notamment au soutien à Solidarność en partie en raison de la sollicitation de Michel Foucault. En 1981, Bourdieu, avec Gilles Deleuze et d’autres intellectuels soutiennent le principe de la candidature de Coluche à l’élection présidentielle. Le sociologue y voyait dans les accusations de poujadisme portées contre la candidature de Coluche par les hommes politiques, la volonté de ces derniers de préserver leur monopole de la représentation politique, et de se protéger contre la menace d’un « joueur » qui refuse les règles habituelles du jeu politique, montrant ainsi leur arbitraire.
En 1993 est publié « La Misère du monde », un ouvrage d’entretiens et de témoignages réalisé par des sociologues et dirigé par Bourdieu. Le livre illustre les effets déstructurants des politiques néolibérales et pointe l’attention sur une forme de misère discrète, invisible et quotidienne. L’ouvrage rencontre un important succès.
Qu’est-ce qu’être juste ?
Pour savoir ce qui est juste, on peut se réfèrer à la loi. Mais quand la loi est elle-même injuste, à quoi peut-on se raccrocher ?
Il existe un repère simple du juste et de l’injuste, grâce auquel les décisions peuvent être prises : ce sont les lois. Si l’on part du constat que les lois permettent le bon fonctionnement de la vie du groupe, et que sans ces règles prédomineraient les conflits, il n’est pas incongru d’identifier le juste aux lois. Mais montrer la justice comme un ensemble de lois nécessaires n’est pas suffisant pour rendre compte du sens de ce qui est juste.
La justice, en effet, ne s’appréhende pas seulement sur le terrain du droit mais de l’éthique. Et celle-ci peut justifier que l’on se révolte et que l’on considère la désobéissance plus juste que le respect de la loi. « Le citoyen doit-il jamais un instant, si peu que ce soit, abdiquer sa conscience au législateur ? À quoi bon la conscience individuelle alors ? Je crois que nous devrions être hommes d’abord et sujets ensuite. Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. La seule obligation que je dois assumer est de faire à tout moment ce que j’estime juste. […] La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes ; et, de par le respect qu’ils lui portent, les gens les mieux intentionnés deviennent chaque jour les agents de l’injustice », nous dit Henry David Thoreau dans La Désobéissance civile.
Deux podcasts à écouter :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/etre-juste-4794201
L’état pas juste ?
Dans quelles situations, l’état n’est-il pas juste ?
- La justice n’est pas toujours exempte de reproches.
- L’égalité à l’éducation existe-t-elle ? Locaux vétustes dans certains quartiers, sectorisation des élèves, école privée haut de gammes pour nos élites.
- La santé : dégradation de l’hôpital public. Développement de la médecine privée.
- En Suisse, le système de santé est totalement privatisé. Les consultations sont chronométrées et le médecin est payé par tranche de cinq minutes (environ 13 euros les cinq minutes). Une consultation de 15 minutes est donc rémunérée environ 30 euros (les cinq dernières minutes sont payées six euros). A cela s’ajoute 13 euros pour la tenue du dossier médical. En Suisse, une consultation signifie parler. Le fait d’allonger le patient et de pratiquer ‘un petit examen clinique’, c’est à dire analyse de l’appareil cardio-respiratoire et abdominal plus poids et tension, rapporte 40 euros qui s’ajoutent au tarif de la consultation. En moyenne un acte coûte 80 euros au patient. Aux Etats-Unis, échec de « l’Obama Care ». Les États-Unis dépensent 18,2 % de leur PIB en 2022 pour leur santé. L’Allemagne dépense 12,6 % de son PIB pour la santé, juste devant la France (11,9 %) et l’Autriche (11,4 %).
- Le problème de l’inégalité économique
- La corruption
Platon : La justice sera établie seulement lorsque ceux qui ne sont pas bléssés par l’injustice seront aussi indignés que ceux qui le sont.
Eléments de conclusion :
Si nous définissons l’État comme une institution politique qui a pour but d’organiser la vie en société au moyen de lois, et si nous prenons en compte le fait que l’État doit pour cela chercher à rendre les comportements individuels compatibles entre eux, il apparaît que la finalité politique de l’État est la justice, ainsi que la sécurité (financière, militaire et santé).
Le problème qui se pose ici est de savoir si l’État peut être juste en se contentant d’édicter des lois qui fixe la norme des comportements individuels et définissent ainsi la légalité. Ne faudrait-il pas viser, au-delà de cette justice politique des lois, une justice morale et éthique ?
Les écueils sont nombreux :
- Comment contrôler le pouvoir ? alors que l’hubris guette
- Comment avoir une représentativité de l’assemblée nationale conforme à la sociologie du pays ?
- Comment avoir une presse libre ? Alors qu’elle est aujourd’hui majoritairement controlée par des milliardaires.
- Comment garantir une plus égale répartition des richesses ? Comment avoir une fiscalité collective juste et pouvoir faire mentir cet adage : « Les pauvres fraudent, les riches optimisent ».
Les citations :
Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’Etat. Albert Camus / L’Homme révolté
C’est l’un des droits absolus de l’Etat de présider à la constitution de l’opinion publique. Joseph Goebbels
L’Etat est un rempart nécessaire pour éviter une culture uniformisée et soumise aux réalités économiques. Jacques Chirac / Paris – 7 Avril 1981
C’est tout à fait extraordinaire qu’il ait fallu attendre Jacques Chirac pour que soit reconnue la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs. Simone Veil / L’Obs – 27 octobre 2007
Celui qui peut régner sur la rue règnera un jour sur l’Etat, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue. Joseph Goebbels
Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent. Pierre-Joseph Proudhon
Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Montesquieu
Bibliographie :

- Le Capitalisme de l’apocalypse (2025) L’historien Quinn Slobodian analyse l’émergence d’un « libertarianisme transnational » dont l’objectif serait de créer des enclaves économiques ou juridictionnelles échappant aux contraintes légales et politiques des États-nations. Selon Slobodian, cette quête d’une liberté économique sans limites s’appuie sur l’idée que la compétitivité et l’innovation seraient freinées par la réglementation et la démocratie représentative. Il souligne cependant que, pour atteindre cet « idéal », les libertariens s’allient fréquemment à des acteurs économiques majeurs (entreprises multinationales, hedge funds, etc.) dont la puissance financière garantit la création de « zones franches » et de « micro-États »
Les ingénieurs du chaos – Giulano da Empoli – 2024
« La machinerie hyperpuissante des réseaux sociaux, fondée sur les ressorts les plus primaires de la psychologie humaine, n’a pas été conçue pour nous apaiser. Bien au contraire, elle a été construite pour nous maintenir dans un état d’ incertitude et de manque permanent. »
L’heure des prédateurs – Giulano Da Empoli – 2025
« Aujourd’hui, nous possédons de plus en plus d’informations et sommes de moins en moins capables de prédire l’avenir. Nos ancêtres vivaient dans des sociétés beaucoup plus pauvres en données, mais ils pouvaient faire des plans pour eux-mêmes et leurs descendants. Nous avons de moins en moins idée du monde dans lequel nous nous réveillerons demain matin. »
Le triomphe de l’injustice (richesse, évasion fiscale et démocratie) – Emmanuel Saez – Gabriel Zucman
« Toute démocratie se doit de débattre, en permanence, du poids souhaitable de la dépense publique et du degré idéal de progressivité de l’impôt. »
« Comme le Wall Street Journal ne manque jamais de le rappeler, les riches américains paient beaucoup d’impôts. Cependant, contrairement à ce qu’ils voudraient faire croire, ce n’est pas parce que leur taux effectif d’imposition est élevé (il est proche du taux moyen de prélèvement obligatoire), mais parce qu’aux États-Unis les riches captent une très grosse partie du revenu national. »
De la grande guerre à la crise permanente – Marc Chesney -2015
Un siècle s’est écoulé depuis le sacrifice de la jeunesse européenne dans les charniers de la grande guerre. Aujourd’hui, au c½ur de l’Europe, les tranchées ont disparu, mais les générations actuelles souffrent d’une crise financière qui sévit depuis 2007. En 1914, on pensait que la guerre serait très courte ; elle a pourtant duré 4 longues années. En 2015, en dépit des nombreuses déclarations gouvernementales prétendant trouver des solutions au chômage de masse, à la précarité et à la crise, celle-ci s’éternise. Cet ouvrage manifeste, rédigé par Marc Chesney, professeur en finance de l’Université de Zurich, analyse les causes ayant mené à cette situation, et propose des solutions.
Propoganda – Edwards Bernays -1928
« Le manuel classique de l’industrie des relations publiques » selon Noam Chomsky. Véritable petit guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement ».
Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des « démocraties de marché », ces questions se confondent.
Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement, invisible : la propagande. Loin d’en faire la critique, l’auteur se propose d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques, à partir des acquis de la psychanalyse.
Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine.
Le prince – Machiavel (XVIème siècle) Dédié à Laurent de Médicis, Le Prince est une œuvre nourrie par l’expérience d’ambassadeur de son auteur. Machiavel y définit les fins du gouvernement : sur le plan extérieur, maintenir à tout prix son emprise sur les territoires conquis ; sur le plan intérieur, se donner les moyens de rester au pouvoir. Parce que les hommes sont égoïstes, le prince n’est pas tenu d’être moral. Il doit être craint en évitant de se faire haïr par le peuple. La réduction de Machiavel au machiavélisme est cependant trop simpliste. On peut même lire Le Prince comme une des premières œuvres de science politique, l’auteur ne cherchant qu’à décrire les mécanismes du pouvoir, à la manière du physicien qui détermine les lois de la gravitation. Rousseau ou encore Spinoza ont même pensé que Le Prince s’adressait en vérité au peuple pour l’avertir des stratégies utilisées par les tyrans.
Leviathan – Thomas Hobbes -1651
Monstre issu du bestiaire biblique, le Léviathan est le visage hideux que Hobbes veut donner à l’État pour qu’il intimide ses sujets et les dissuade de désobéir.
Pourquoi le despotisme est-il nécessaire ? Les hommes, en totale liberté, représentent une menace les uns pour les autres. La meilleure défense étant l’attaque, leur raison les pousse à s’agresser préventivement. Seule l’existence d’une force les dominant tous, devant laquelle chacun peut prévoir l’obéissance des autres, peut les inciter à ne pas se défendre ainsi. Une confiance réciproque, entre sujets raisonnables, peut alors, en effet, s’instaurer. L’existence d’un Prince plus fort que ses sujets est donc la meilleure garantie de paix. Ainsi le pouvoir de l’État doit-il être absolu : toute limitation de sa souveraineté ne peut que l’affaiblir et faire courir le risque d’un retour progressif vers l’état où les hommes sont comme des loups les uns pour les autres.
Monsieur, je ne vous aime point. Roger Pol Droit – 2019
C’est l’histoire d’une amitié impossible. Entre Voltaire et Rousseau, les deux géants des Lumières.
Dans un XVIIIe siècle en effervescence, ils se lisent, s’écrivent, s’admirent. Avant le temps des déceptions, du mépris, des insultes, où finalement ils se haïssent à mort. Sans jamais se rencontrer… Ce qui les oppose ? Tout ! Dans ce face à face, loin de leurs statues, on découvre Voltaire adulé et mondain, affairiste et généreux, candide et manipulateur, Rousseau exalté et dépressif, ambitieux et sauvage, passionné et libre.
Sans le savoir, ils dessinent la confrontation, plus que jamais actuelle, de deux mondes : Voltaire, « en-haut », choisit progrès, opulence et scepticisme, Rousseau, « en bas », défend nature, frugalité et vertu.
Nous animons des Café Philo une fois par mois à Neuilly-Plaisance.
Durée 1h30